Stop au harcèlement scolaire

Stop au harcèlement scolaireJeudi 3 novembre. C’est la journée nationale contre le harcèlement scolaire et j’ai décidé de vous en parler un peu. Voyez-vous, c’est un sujet qui me touche énormément et j’en ai parfois parlé sur Twitter, retwettant parfois des messages.

Mais puisque c’est la journée nationale, je prends mon clavier pour vous en parler moi-même. Sans aucune prétention mais comme toute chose « tabou », il faut avoir le courage d’en parler pour surmonter le problème, changer les mentalités et surtout sensibiliser.

Quand je vois aux informations des nouvelles comme « un(e) jeune adolescent(e) s’est suicidé(e) car il/elle ne supportait plus les moqueries à l’école« , je suis énervée. Pourtant je ne m’énerve pas souvent mais face à ça, mon sang fait un bond. Il faut dire que le harcèlement scolaire, j’ai connu… Aujourd’hui, quand j’entends des cas de harcèlements qui ont conduit la jeune victime à se tuer, je repense à mon expérience.

Les moqueries dans les couloirs ou sur Facebook, les insultes, les coups dans le dos, les boules de neige reçues en pleine figure, ma mère rencontrant le principal du collège plusieurs fois, les menaces de mort… Le collège était de loin LA PIRE période de toute ma vie et si on me demandait, je ne voudrais revivre ces 4 ans pour rien au monde. Quand j’y repense et vois ce qui se passe aujourd’hui, je n’aurais jamais tenu…

Car c’est très, très, très dur d’affronter ces jeunes pendant 6-7 heures 5 jours sur 7, voir plus avec les réseaux sociaux. Ou quand tu sors te balader. Ils sont toujours là.
N’oublions pas qu’on passe plus de temps à l’école que chez soi au final. Donc on a peu de répit. Une journée d’école se termine qu’il faudra bientôt y retourner.
Et au final, personne à qui se confier car les adultes sont dépassés et ne comprennent rien. C’est la jeunesse pour eux, c’est normal de se faire « taquiner » par les autres. Et ces derniers justement ? Bien souvent ils préfèrent ne pas trop s’en mêler pour ne pas s’attirer eux aussi des problèmes. On est bien souvent seul.

Pendant des années j’ai encaissé, j’ai pleuré, j’ai maudit ces années en espérant que l’an prochain tout s’arrête. Mais voilà, à force d’absorber telle une éponge, j’ai totalement craqué. J’arrive au lycée et c’est trop. Dépression. Des heures d’absence entourées et soulignées sur les relevés de notes et une remarque « Inadmissible » de la part du directeur. De cette année de seconde, je garde en mémoire les médicaments et de gros trous noir, des heures de sommeil toute la journée. Et puis une lumière. Ma prof principale prendra ma défense quand tous les autres voulaient me faire plonger. Elle me soutiendra. Madame R. n’était pas juste une prof. Non c’était une femme, un être humain qui a compris mon mal et m’aura aidée à m’en sortir à sa façon.
Je ne dis pas que les profs doivent, en plus de leur énorme travail, être des assistantes sociales ou des psy. Mais ils ne doivent pas non plus fermer les yeux quand ils sont témoins. Après je comprends très bien que c’est déjà assez dur pour eux. Mais quand même, en tant qu’enfant, on ne peut s’empêcher de compter sur l’adulte pour nous tendre une main.

Parce que Madame R. sera là pour moi, j’arrive à m’en sortir au lycée. Difficilement, très doucement. Et puis je dois aussi beaucoup à ma Fafa, partie trop tôt et avant que je la remercie comme il se doit, qui pendant plusieurs années a été d’une grande écoute dans cette période sombre de ma vie.

Le harcèlement scolaire j’ai connu, je l’ai vécu. Je n’ai pas envie de trop rentrer dans les détails, ce n’est vraiment pas des années dont j’ai envie de me souvenir… Et puis je pourrais en parler longuement donc je m’arrête là. Pour le moment.
Le harcèlement scolaire doit cesser. L’école ne devrait pas créer une telle angoisse pour les jeunes. L’école est déjà assez dure comme ça sans, qu’en plus des cours à apprendre, des notes, de la pression familiale, il faille ne pas oublier de baisser la tête dans les couloirs, de raser les murs ou de s’enfermer, de se boucher les oreilles.

A celles et ceux qui sont victimes, et ils seraient près de 700 000 élèves en France !, j’ai envie de vous dire d’être fort même si je sais que c’est très dur. Soyez forts. Les imbéciles qui se moquent de vous ne sont pas meilleurs, au contraire. Pour se sentir importants, ils ont besoin de rabaisser les autres et il n’y a rien de plus pathétique. Faites vous confiance dans votre début de vie, n’accordez pas de crédit à des mauvaises paroles, à des gens qui ne vous connaissent pas et qui ne se connaissent pas non plus.

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