Burn-Août

Burn-août (via MyPopLife.fr)Ce n’est jamais évident de parler vraiment de soi sur internet, de se dévoiler… Mais parfois ça peut être nécessaire.
C’est bien beau de dire ce qui va, d’occulter le mauvais mais, eh !, je suis un être humain comme vous et ça m’arrive d’avoir des gros passages à vide.

Comme celui-ci dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui et qui était en moi depuis un moment et a fini par exploser au début du mois. Il se peut que je ne donne pas tous les détails, pour ne pas vous embêter et revenir trop sur le négatif pour moi.

Cela faisait des semaines, des mois que je souffrais moralement au boulot. Je suis quelqu’un de sérieux et bosseur, quand je bosse je m’investis toujours à fond et j’ai envie que les autres fassent pareil (bien sûr c’est impossible). Même quand il s’agit d’un petit boulot ou de bénévolat. Que voulez-vous, je suis comme ça.

Sur le site, j’ai débuté en avril un nouveau thème consacré au boulot et j’ai écrit 3 articles qui montrent mon état d’esprit de ce moment : rester motivé(e) si vous n’aimez pas votre job, pourquoi changer de boulot et 5 questions à se poser avant de claquer la porte.
Faire ces articles m’a fait du bien. Je vivais vraiment la situation et je savais qu’il fallait faire ça et ça pour m’en sortir. C’était du vécu.

Mais au fond ce n’était qu’une petite parenthèse de bien-être, pas assez forte pour me faire tenir. Dans l’article Pourquoi changer de boulot, je parle en dernier point du burn-out/dépression. Pour moi il est inconcevable de rester dans un endroit où on met sa santé en danger. Je VOULAIS partir. Il FALLAIT que je parte parce que j’étais en train de devenir folle intérieurement. (Je n’ai pas appliqué ce que je vous disais de faire mais c’est bien connu, faites ce que je dis, pas ce que je fais ^^)

J’étais agacée de ne pas pouvoir avancer dans ma vie comme je le voulais. Je passais toutes mes matinées off à postuler à des annonces, à envoyer des candidatures depuis plusieurs mois sans obtenir la moindre réponse (même pas un petit non parce que, c’est bien connu, que ça leur prend trop de temps aux recruteurs d’envoyer un mail). J’avais envie de partir, de m’en sortir et je n’arrêtais pas de dire à mes collègues que je m’en allais. Quand ? Mai, fin mai. Puis c’est devenu juin avant que finalement je me résigne à dire fin août (histoire de rester 1 an dans la boite)…
J’en avais marre de voir certains collègues, intelligents avec un énorme potentiel, s’enfermer dans ce boulot et sans vraiment chercher mieux. Parce qu’on est bien, le boulot n’est pas fatiguant, les horaires sont tranquilles, c’est pépère et il y a une bonne ambiance entre collègues. Une belle zone de confort… (Après je sais très bien et je comprends que certains n’ont pas d’autres solutions et je ne critique pas, loin de là. J’ai de l’admiration pour eux.)
Tous les soirs, je me dépêchais de partir, il fallait que je passe le moins de temps possible dans cet endroit une fois que la fin de la journée avait sonné.

Et j’aurais atteint ma limite fin juillet.

J’en avais marre, marre de m’habiller en noir et le soir où j’ai craqué, j’avais envie de déchirer ces vêtements. J’en avais marre des foutage de gueule de certains et des mensonges (tu peux me mentir mais pas comme ça, pas quand tu as un certain poste). M’arracher les cheveux… Ce samedi soir de juillet, j’ai les larmes aux yeux en quittant le boulot et dans le RER. Je rentre chez moi et je m’effondre. C’est terminé.

Je n’étais pas bien dans ma tête et pour y remédier je courais. Le positif de cette histoire c’est que je me suis améliorée mais parfois je forçais et je le ressentais avec mon genou gauche et l’inflammation s’installe. Ça fait mal.
Je dois m’arrêter, respirer, reposer mon genou. Ce que je ferais pendant une semaine. Mais en même temps je ne voulais pas m’arrêter parce que j’avais peur de sombrer un peu plus et de ne pas réussir à me relever. Et puis je voyais ça comme une défaite, ils avaient réussi à me pousser à bout et je ne l’admettais pas.

Je n’étais pas bien. Je ne voulais pas sortir de chez moi et j’avais encore les larmes aux yeux quand un pote me propose de l’accompagner, lui et d’autres, pour manger un burger. Je ne voulais pas, je ne me sentais pas d’être sociale et j’avais peur de l’extérieur. Pourtant je me suis forcée et, grand bien m’en a fait. Ce soir là j’ai décompressé, j’ai ri, j’ai pleuré de rire même. J’avais envie de leur dire que ça m’avait fait beaucoup de bien de les voir, de passer cette soirée avec eux. J’étais bien pendant ces heures à leurs côtés. Mais en rentrant cette angoisse était toujours là en moi… J’étais toujours attirée vers le bas et je n’avais pas vraiment envie de me battre contre ce sentiment. C’est tellement facile de se laisser tomber…

Et puis…

Entre temps, je rencontre une femme, Madame S., qui va tout bousculer.
Madame S. n’est pas psy ou coach de vie et pourtant elle pourrait y faire carrière. Je la rencontre pour parler procuration et compte en banque et il se passe quelque chose en moi. Elle parle, elle parle beaucoup et en temps normal c’est le genre de personne qui m’agace. Pourtant j’ai eu un feeling. Je la revois quelques jours plus tard pour parler PEL et la conversation se termine par une grande discussion sur la vie, les abrutis que l’on rencontrera toujours à son boulot, la situation des jeunes actuellement, le rôle des stagiaires… Bref une discussion sur la vie. Avec quelqu’un d’extrêmement intelligent. Elle m’a donnée des conseils et elle m’a remotivée.

J’étais tellement énervée après mon craquage de samedi soir que le lundi matin je postule à 5 annonces. Je me lâche dans les lettres de motivation et je sors du blabla standard. Le mardi, j’obtiens 3 réponses (3 réponses les gens !! C’est Noël !!) qui débouchent sur 2 entretiens que je passe la même journée. Et après des mois, allez je le dis, après 1 an de recherche infructueuse (et je ne sais combien de mails envoyés et aucun retour, même négatif), je suis prise sur les deux postes !

Après des mois à en rêver, ce moment est arrivé où je sais que je vais pouvoir partir et que j’aurai un autre boulot, nettement mieux pour moi. Tout s’est très vite enchaîné entre le moment où j’ai craqué et celui des réponses, deux semaines seulement. Pourtant ce n’était pas encore gagné pour moi. Mes derniers jours au boulot ont été longs et j’avais toujours cette petite angoisse, cet énervement. Mais c’était atténué. Je savais que je partais. Je prenais désormais tout mon temps pour arriver le matin et le soir je me changeais et m’habillais normalement (je ne pouvais plus, moralement, être habillée en noir du matin au soir et encore aujourd’hui je suis mal rien qu’à cette idée). Je n’étais plus pressée, moins stressée.

Au final

Tout s’est enchaîné très vite en 1 mois. J’aurais fini par craquer après des mois et des mois à refouler mon sentiment de mal-être, à me battre contre moi et avec les autres. Puis une rencontre aura changé les choses. Madame S. et son énergie positive, son dynamisme qui m’a touchée. Il en faut peu dans la vie (pour être heureux, cf Baloo) pour que tout bascule. Il suffit d’être là au bon moment, de faire la bonne rencontre.
Ce burn-août n’aura pas duré très longtemps (et heureusement !) mais il aura été intense et dur à vivre. Parce que j’ai trop attendu, j’ai encaissé sans rien dire, j’ai accumulé le négatif, j’étais une éponge. Puis forcément, un jour mon cerveau a dit STOP, trop c’est trop. Je ne sais pas ce qui se serait passé si j’avais craqué en avril, et je ne le saurais jamais.

Aujourd’hui je suis partie, enfin ! Je peux dire que je me sens mieux mais pas complétement. Cette petite angoisse est toujours là en moi (pourquoi je ne sais pas…) et je sais qu’il va me falloir un peu de temps avant qu’elle ne disparaisse.

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